Du développement durable…

6 10 2010

Vous trouverez ci-dessous quelques notes sur le Développement Durable.

Bonne lecture .

..

Bibliographie-          S. Brunel, Le développement durable, Que sais-je ?, PUF, 2004. 

-          Historiens-Géographes, « Vers une géographie du développement durable », 2004. - Y. Veyret et G. Granier, Développement durable : quels enjeux géographiques ? Documentation photographique, n° 8053, 2006. -          F. Mancebo, Le développement durable, Coll. U, A Colin, 2006. 

-          Y Veyret (dir.), Le développement durable, approches plurielles, Hatier, 2005. - E. Dorier-Appril, Ville et environnement, SEDES, 2006. -      P.Gauchon et C. Tellenne (dir.) Géopolitique du développement durable. PUF 2005 - http://geoconfluences.ens-lsh.fr 

Ce concept au succès foudroyant après le Sommet de la Terre des Nations Unies sur l’environnement et le développement à Rio de Janeiro en 1992, est devenu une préoccupation de tous, du local au mondial. Mais il présente des faiblesses : confusion entre durable et pérenne, argument marketing ou moyen de reconstruire son image, « en plus propre »… La banalisation du concept en affaiblit la portée : évidence et vérité consensuelle (on ne peut qu’être d’accord : qui serait pour du non durable ?) a priori. 

D’où vient la notion ? Pour que le développement soit durable, il faut d’abord qu’il y ait développement, c’est-à-dire « Accroissement des richesses associé à l’amélioration des conditions de vie d’une population sur un territoire ». (Lévy Lussault, Dictionnaire de la géographie, Belin, 2003) 

Le terme de développement apparaît en économie dans les années 1950 et en géographie dans les années 1960, en association avec celui de sous-développement, les Etats dits sous-développés étant regroupés sous l’expression politique de tiers-monde depuis A. Sauvy. Avec la crise des années 1970 et 1980 dans les pays industrialisés et la croissance rapide des pays émergents, le développement devient l’affaire de tous les pays y compris ceux dits développés. Dans un contexte d’économie de plus en plus mondialisée, les dimensions spatiales du développement sont mises en avant: compétition et avantages comparatifs des territoires, adaptation et spécialisation. A la même époque, des interrogations se font jour: la question environnementale en lien avec les choix et modes de développement dans la décennie 1970 et l’articulation croissance développement. La notion de développement glisse alors progressivement vers la notion de développement durable. 

La définition généralement retenue du développement durable est celle proposée en 1987 par le rapport Brundtland (rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, présidée par Mme Brundtland): « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Adopté par l’ONU, ce rapport dresse le tableau des problèmes environnementaux à l’échelle de la planète, en en distinguant les causes: 

-          La grande pauvreté dans les pays du Sud, -          Les modes de consommation et de production non durables pratiqués dans le Nord. 

Les principes fondateurs du développement durable ont été définis à: 

4  Rio de Janeiro (1992) : « Le Sommet de la Terre » : Les représentants de 180 Etats sont présents à cette conférence des Nations Unies. La conférence de Rio consacre le développement durable en le déclinant sous forme de différents textes: 

-          La Déclaration de Rio, constituée d’une vingtaine de principes généraux (pollueur payeur, précaution, ingérence, responsabilité…), -          Plusieurs conventions internationales destinées à organiser l’action de l’ensemble des pays pour lutter contre le changement climatique, l’érosion de la diversité biologique et la désertification, 

-          Un plan d’action pour le XXIème siècle – l’Agenda 21 – qui recense plus d’une centaine de mesures à prendre pour que le développement durable devienne une réalité. 

4  Johannesburg (2002) : le Sommet mondial du développement durable Peu d’engagements réels sont pris par les Etats lors de ce deuxième Sommet de la Terre. Le développement durable pose problème pour les pays du Sud : le concept s’organisant autour de la contradiction entre croissance et préservation de l’environnement, les pays pauvres défendent leur droit à la croissance et soulignent la responsabilité historique des pays industrialisés dans la dégradation des « biens publics environnementaux ». En contrepartie, ils réclament des ressources supplémentaires en termes d’aide publique (APD), promesses faites lors de la Conférence de Rio et qui n’ont pas été tenues. 

Trois piliers 

Une des traductions distingue « trois piliers » sur lesquels asseoir le développement durable : il s’agit alors de concilier l’efficacité économique, l’équité sociale et la protection de l’environnement, et ce à toutes les échelles temporelles et spatiales. 


Développement Durable

Cette représentation du développement durable souligne la nécessité de compromis acceptables entre les trois piliers et les acteurs du développement durable. Cependant il ne dit rien des arbitrages permettant d’atteindre des objectifs souvent contradictoires. Quelle priorité? L’environnement (qui représente pour beaucoup le pilier essentiel), l’économique (et la croissance) ou le social (qui lutte contre la pauvreté, le chômage, l’exclusion…)? 

 

Pour les partisans du pilier économique, le progrès technologique doit être premier car il est porteur des solutions aux défis environnementaux que pose la croissance économique. Les partisans d’une durabilité forte donnent la priorité à la préservation des écosystèmes et font passer la protection de la nature avant les populations. On en vient parfois à opposer le développement à la croissance comme facteur de progrès. 

La question majeure que pose le développement durable est donc celle de la conciliation de la capacité de charge du milieu et du renouvellement des ressources, associée à une amélioration des conditions de vie. On ne peut jamais prendre en compte les trois dimensions à égalité, c’est une idée inapplicable. Selon les territoires et les sociétés, on décide de ce qui est acceptable. 

Le développement durable invite donc à travailler sur le concept de territoire propre aux géographes. C’est d’abord un moyen de montrer que tout territoire s’articule aux territoires voisins ou plus lointains. Il invite aussi à s’interroger sur les rapports Nord / Sud. Le mode de développement qui prévaut dans les pays riches est-il reproductible à toute l’humanité? Peut-on dénier aux pays du Sud le droit au développement? Cette question essentielle ne peut se résoudre sans une politique de développement et l’établissement de solidarités entre le Nord et le Sud. 


Actions

Informations



Une réponse à “Du développement durable…”

  1. 7 10 2010
    Mélanie (18:42:38) :

    Merci Monsieur! Et voila un petit commentaire sur votre blog!

Laisser un commentaire




Musée du catharisme à Mazamet |
Pour que le souvenir reste |
LA REUNION ET SON CAFE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Site d'histoire et géographie
| le site d'histoire-géo...
| L'Estafette,¸¸,ø¤º°º¤ø,¸¸,